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Discours de la chancelière fédérale, Madame Angela Merkel, à l’occasion de la conférence sur l’initiative « Compact with Africa » du G20, le 30 octobre 2018 à Berlin

Redner:
Angela Merkel
Gehalten:
Dienstag, 30. Oktober 2018
Ort:
Berlin

Monsieur le Président de l’Union africaine, cher Monsieur Kagame,

Messieurs les Présidents et Premiers ministres africains,

Monsieur le Chancelier fédéral et représentant de la présidence autrichienne de l’Union européenne,

Chère Christine Lagarde,

Cher Monsieur Kim,

Monsieur le Président de la Commission de l’UA,

Cher Monsieur Adesina,

Mesdames, Messieurs,

Chers collègues du conseil des ministres,


Je vous souhaite très chaleureusement la bienvenue à cet événement qui, loin d’être une simple rencontre de routine, sort bel et bien de l’ordinaire. Il s’agit en effet, du point de vue allemand – car en France bien sûr, il en va tout autrement –, de la plus grande réunion de chefs d’État et de gouvernement africains de l’histoire de la République fédérale d’Allemagne. Le fait que nous soyons si nombreux témoigne d’ailleurs de l’importance de l’occasion. Notre groupe s’inscrit dans la continuité de l’année dernière, lorsque l’Allemagne assumait la présidence du G20 et que Wolfgang Schäuble, alors ministre fédéral des Finances, formulait l’idée de lancer un partenariat avec l’Afrique, ou plus précisément : un « Compact with Africa ». De son côté, le ministre fédéral du Développement proposait d’élaborer également certains partenariats au développement. C’est pourquoi je tiens à saluer en particulier le ministre actuel des Finances ainsi que le ministre du Développement, ici présents.


Le partenariat avec l’Afrique est donc un objectif que nous poursuivons globalement. Pourquoi l’Afrique revêt-elle autant d’importance pour nous ? L’Afrique est importante parce que nous sommes voisins, comme on le voit bien sur la mappemonde, et que par conséquent, la prospérité de l’ensemble de ce continent est aussi essentielle pour nous que notre propre bien-être en Europe. À certains égards, l’Afrique est en fait un continent très riche. Je pense notamment aux matières premières, mais aussi et surtout à une ressource plus rare en Europe : la jeunesse. L’Afrique possède également une histoire abondante et une culture merveilleuse. D’un point de vue commerçant, je pense que l’on peut affirmer que l’Afrique est le continent qui disposera demain du plus fort potentiel de développement dans le monde. Quiconque souhaite s’engager dans le domaine de l’économie est donc bien avisé de se tourner vers l’Afrique sans tarder.


Toutefois, je ne veux rien idéaliser. L’Afrique, c’est aussi un continent où de nombreux pays connaissent des problèmes, où beaucoup de personnes vivent dans une pauvreté extrême, où tout le monde n’a pas accès à l’électricité et à l’eau potable et où les besoins fondamentaux ne sont pas toujours satisfaits. Vous tous faites face à de grandes pressions liées aux attentes des jeunes dans vos pays. Aussi, il importe que nous évoquions en toute franchise les problèmes, les progrès et les potentialités de notre coopération.


L’initiative « Compact with Africa » s’attache entre autres à affronter les préjugés concernant l’investissement en Afrique qui existent parfois au sein des entreprises faute d’expérience et de connaissances. Il n’est pas rare en effet que des entrepreneurs se demandent comment obtenir des crédits, quel est le niveau de sécurité juridique, quelles sont les contraintes bureaucratiques ou encore s’ils seront aux prises avec la corruption, autant de questions susceptibles de provoquer des hésitations quand il s’agit de s’engager en Afrique, dans vos pays.


Notre objectif est donc, grâce à « Compact with Africa », de voir d’une part la transparence et la qualité de vos secteurs financiers s’améliorer afin d’offrir, en contrepartie, de meilleures conditions d’investissement à nos entreprises. Je vous l’ai déjà dit ce matin lors du forum consacré aux investissements : au cours de la présente législature, nous avons créé un fonds doté d’un milliard d’euros et destiné à soutenir les PME allemandes ou africaines. Les pays offrant un cadre propice et transparent peuvent bénéficier de conditions plus avantageuses pour obtenir des garanties, ce qui peut aussi favoriser une hausse des investissements. Ce n’est pas un hasard si les pays du « Compact with Africa » connaissent des investissements directs plus élevés que les autres pays d’Afrique. Nous espérons voir cette tendance positive se poursuivre.


Il est vrai que la présidence du G20 ne dure qu’un an et qu’une fois cette période révolue, tout avancement risque de tomber dans l’oubli. C’est pourquoi je suis très reconnaissante au FMI, à la Banque mondiale et aussi à la Banque africaine de développement d’avoir affirmé leur volonté de maintenir leur engagement dans le cadre de notre initiative. Car on se doute bien que les questions qui y sont liées ne sauraient être résolues en seulement une année, mais qu’elles doivent faire l’objet d’une attention continue. Je salue donc sincèrement les efforts déployés par les institutions que je viens de nommer. L’année prochaine aussi, lorsque le Japon assumera la présidence du G20, je suis certaine que ces objectifs ne seront pas perdus de vue.


Si j’ai invité aujourd’hui le chancelier fédéral autrichien Sebastian Kurz, c’est parce que l’Autriche a placé l’Afrique parmi les priorités de sa présidence de l’Union européenne et qu’elle organisera une conférence à ce sujet au mois de décembre. Nous souhaitons collaborer étroitement pour éviter le travail en double et pour nous tenir mutuellement au courant de ce qui se passe vraiment.


Il va de soi que plus vos sites sont intéressants, mieux c’est pour les investissements et le commerce, pour l’éducation et la formation. La modernisation de la politique de développement est une question qui nous occupe sérieusement et sur laquelle nous avons beaucoup appris ces dernières années. En Allemagne, notre politique en la matière s’est longtemps concentrée sur le travail des ONG. Cela ne suffit pas. Les ONG réalisent certes d’excellents projets locaux, mais il est très rare que ceux-ci apportent un réel développement économique durable. Kofi Annan a été le premier à attirer mon attention sur ce fait, il y a plusieurs années déjà, en affirmant que nous devons miser davantage sur les PME et les investissements économiques, en tenant compte évidemment de l’aspect de la durabilité. L’Allemagne a donc décidé de réformer la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Aujourd’hui, les ministères compétents – Affaires étrangères, Économie, Environnement, Développement et Finances – coopèrent très étroitement en cherchant à adapter les mesures aux besoins existants.


En outre, je ne vous cacherai pas que nous avons également observé de près ce que fait la Chine, qui arrive dans vos pays avec des offres d’investissements très compactes. Face à cela, il est tout à fait naturel que vous disiez : « Si chez les Européens, nous devons toujours commencer par trouver un financement, nous préférons accepter ce que nous offrent les autres. » Nous avons donc tiré des enseignements de la démarche de la Chine, pays qui d’ailleurs a lui aussi connu au cours des dernières années un développement considérable et qui, par conséquent, sait très bien comment sortir de la pauvreté et évoluer vers la prospérité.


Aussi, sans vouloir répéter ce que je vous ai dit ce matin, je tiens tout de même à prier chacun d’entre nous d’accélérer autant que possible les négociations sur les accords de double imposition avec le ministère fédéral des Finances afin d’offrir un cadre sûr à nos entreprises, au bénéfice de toutes les parties.


Pour terminer, je vous encourage évidemment à aborder dans vos interventions les questions qui vous tiennent à cœur, en vous signalant cependant que les caméras diffusent en direct et que tout sera disponible publiquement. Mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas formuler de remarques critiques. Après tout nous sommes ici pour apprendre les uns des autres et non pas pour échanger de belles paroles. Si nous passons autant de temps ensemble, c’est bien pour que chacun d’entre nous puisse en tirer des bénéfices.


Voilà ce que je tenais à vous dire pour ouvrir cette conférence. À présent, j’invite d’abord M. Kagame à prendre la parole pour l’Union africaine et ensuite M. Kurz à nous donner un aperçu du forum de haut niveau Afrique-Europe que l’Autriche organisera au mois de décembre.


Dienstag, 30. Oktober 2018

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