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Discours de la Chancelière fédérale Angela Merkel à l'occasion de la cérémonie des vœux au Corps diplomatique

Orateur :
Angela Merkel
vendredi, 05. février 2010

Excellences,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

Je vous souhaite chaleureusement la bienvenue à la Chancellerie fédérale pour la tradition­nelle cérémonie des vœux au Corps diplomatique, en mon nom propre ainsi qu'au nom de tous les membres du gouvernement fédéral nouvellement élu. J'y associe mes sincères remercie­ments pour l'excellente coopération entretenue avec vous et vos personnels des ambassades, ce qui n'est pas toujours si évident. Vous représentez vos pays ici, en Allemagne, et vous vous faites les émissaires de nos messages dans le monde.

Aujourd'hui, j'aimerais saluer tout particulièrement un ambassadeur, celui de la République d'Haïti. Monsieur l'Ambassadeur, au nom de tout mon pays et de nombreux concitoyennes et concitoyens, j'aimerais vous faire part, une fois encore, de toute notre sympathie pour les Haïtiens, vous dire que nous portons le deuil des victimes et que nous continuerons à parti­ciper aux opérations internationales d'aide humanitaire dans la mesure de nos capacités. Tous nos vœux vont vers Haïti. Nous vous souhaitons à tous beaucoup de force dans l'épreuve.

Mesdames et Messieurs, les différents visages de la mondialisation sont de plus en plus facile­ment reconnaissables. Nous en avons déjà parlé ces dernières années. De plus en plus, nous sentons bien que ce que nous faisons, en Allemagne par exemple, a des conséquences pour le bien-être d'autres personnes ailleurs dans le monde. Cela signifie que notre devenir à tous est de plus en plus étroitement lié.

Je donnerai un exemple négatif de ce constat, un évènement qui nous a tous beaucoup tourmen­tés l'an dernier, pour ne pas dire ces deux dernières années : la crise internationale des marchés financiers. Elle a entraîné la République fédérale d'Allemagne, entre autres, dans sa plus grave crise économique depuis 1949. Nous avons enregistré un recul de l'économie de cinq pour cent. C'est un fait sans précédent dans les soixante ans de la République fédérale d'Allemagne.

Cela n'est bien entendu pas sans conséquence pour la politique actuelle du nouveau gouverne­ment fédéral. Nous faisons tout pour surmonter les répercussions de cette crise grave en renfor­çant tous les facteurs de croissance en Allemagne et, surtout, en investissant dans l'avenir. La semaine dernière, devant le Bundestag allemand, j'ai dit qu'il nous fallait pour cela un nouveau mode de pensée qui dépendra constamment des impulsions d'autres pays.

L'une des premières mesures politiques mises en œuvre par le nouveau gouvernement fédéral dans ses cent premiers jours a été – je vous livre le mot à rallonge en version originale pour ceux d'entre vous qui parlent allemand – la « Wachstumsbeschleunigungsgesetz », loi d'accélération de la croissance. Ce n'est certainement pas le terme le plus simple à apprendre en cours d'allemand mais il veut dire que nous avons fait une loi pour que la croissance puisse se développer plus vite. Nous allégeons les charges qui pèsent sur les citoyennes et les citoyens, surtout sur les familles, et celles qui pèsent sur les entreprises. Nous espérons que de ces mesures, en plus de celles adoptées par l'ancien gouvernement fédéral, naîtra un élan supplé­mentaire pour sortir rapidement du creux de la crise économique.

Naturellement, et c'est la même chose dans le monde entier, il est avant tout important de sécuriser l'emploi, de préserver autant de postes que possible et d'empêcher que trop de per­sonnes ne tombent au chômage. Mais nous le ressentons tous, les faibles taux de croissance que nous constatons en ce moment ne reposent pas encore sur des bases solides ; au contraire, la relance est fragile même si la situation s'améliore chaque jour un peu plus, en ce moment.

Il nous faut bien entendu avoir une vue d'ensemble de toutes les causes qui ont entraîné la crise financière et économique internationale. Nous devons élaborer les bonnes stratégies pour éviter qu'une telle crise ne se reproduise. Nous avons bien senti qu'une coordination internatio­nale de nos actions, des mesures prises, lesquelles ont, pour partie, connu un vrai succès, avait pu amortir de nombreuses conséquences de cette crise et empêcher que la situation n'empire.

Nous voulons en Allemagne, pour parler de l'avenir, investir avant tout dans l'éducation et la recherche. Nous savons que nous sommes un pays dans lequel la moyenne d'âge augmente. Nous nous félicitons que l'espérance de vie de chacun se soit accrue mais nous avons mal­heureusement bien peu d'enfants. Cet élément se reflétera très fortement dans la nouvelle décen­nie, au cours de laquelle notre pays enregistrera une modification de sa structure démo­graphique. En d'autres termes, ce n'est certainement pas le moment de perdre les jeunes de vue.

Nous devons réussir d'ici 2015 – c'est l'objectif que nous nous sommes fixé – à investir dix pour cent de notre produit intérieur brut dans la recherche et l'éducation. Nous sommes convain­cus – c'est particulièrement vrai pour un pays comme l'Allemagne, qui ne possède pas beaucoup de matières premières – que l'éducation est le facteur de prospérité le plus impor­tant, la matière première la plus importante pour notre pays. Nous voulons impliquer dans ce processus tous ceux qui sont venus à nous en tant qu'immigrés. Je dis à toutes les migrantes et à tous les migrants : nous voulons aussi offrir un bon foyer à tous ceux qui sont venus d'ailleurs et qui se sont maintenant installés en Allemagne. L'intégration ne se fait pas à sens unique mais doit venir des deux côtés, d'une société ouverte autant que de ceux qui sont venus chez nous. C'est pourquoi elle continuera justement d'être au cœur de notre travail.

Le secteur énergétique est un autre pilier important de notre politique. Les matières premières jouent un rôle de plus en plus important, notamment celles qui permettent de produire de l'énergie. Nous voulons élaborer, d'ici fin octobre, un concept énergétique nous permettant d'accélérer le tournant vers une ère des énergies renouvelables.

Nous avons énormément de projets pour cette année. Je ne souhaite pas aborder avec vous tous les détails de notre politique mais j'aimerais attirer votre attention sur un point qui a une très grande importance à nos yeux.

Beaucoup d'entre vous ont commémoré avec nous le 9 novembre 1989 et célébré avec nous le vingtième anniversaire de la chute du Mur le 9 novembre 2009. La porte de Brandebourg est devenue une sorte de symbole de l'unification de toute l'Europe au cours des vingt dernières années. Le 3 octobre 2010, nous fêterons dans la joie, et aussi avec un peu de fierté, les vingt ans de l'Unité allemande. Nous disons à tous les pays qui ne sont pas encore réunis : il faut toujours croire que c'est réalisable. Je n'oublierai pas – le président chypriote était aussi à nos côtés dans la tribune par cette journée froide et pluvieuse de novembre – que parmi les nom­breux dominos peints par des enfants et renversés pour symboliser l'effondrement du mur, il y en avait un venu de Chypre. Nous avons tous espéré que les processus politiques progresse­raient encore un peu là-bas aussi.

Cette année, le 3 octobre, nous exprimerons également toute notre reconnaissance pour tout ce que l'Allemagne a reçu après la Seconde Guerre mondiale en termes d'aide et aussi de crédits et de confiance. Il n'a été possible de forger l'Unité allemande dans la paix et la liberté, en bon voisinage et dans une excellente relation transatlantique, que parce que ceux qui nous ont aidés ont été si nombreux après la Seconde Guerre mondiale. Nous n'oublierons pas la résolution avec laquelle les États-Unis d'Amérique se sont investis, entre autres, en faveur de la réunification de l'Allemagne et de l'unité européenne. C'est pourquoi le partenariat transatlantique reste pour les Européens l'épine dorsale de notre sécurité et de notre liberté.

Nous n'oublions pas non plus que des responsables russes clairvoyants ont apporté une contri­bution considérable, dans un moment historique, à ce que la liberté se fraie un chemin. Je veux rappeler ici le rôle de Mikhaïl Gorbatchev, qui était aussi parmi nous le 9 novembre.

Nous remercions naturellement tous ceux qui ont célébré avec nous le 9 novembre. Sans vouloir oublier personne, il me semble que les cérémonies parisiennes ont été un moment très fort de la célébration européenne et commune de cette journée.

Notre coopération européenne s'annonce toujours plus intense. Nous sommes heureux – je crois pouvoir le dire, même si je n'ai pas participé au processus du début jusqu'à la fin – que le Traité de Lisbonne soit enfin entré en vigueur. 27 États membres, 27 ratifications. Cela aurait été un cauchemar s'il avait fallu répéter tout cela une fois de plus. Nous avons aujourd'hui une meilleure base de travail, une base de travail qui nous permet aussi d'entreprendre des élargissements de l'Union européenne et de ne plus nous limiter à 27 États membres. Cela aussi est très important. Mais avant tout, nous essaierons, en tant qu'Union européenne, de nous exprimer davantage d'une seule voix par le biais de la Haute Repré­sentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et du Président du Conseil européen. Je vous le dis aussi très clairement : nous devons, pour ainsi dire, faire des essais et apprendre comment cela fonctionne ; mais cela fera du bien à l'Europe.

En 2010, quatre grands sommets réunissant l'Union européenne et d'autres régions du monde auront lieu. Ils seront tous dirigés par le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Le sommet Union européenne-Amérique latine-Caraïbes se tiendra à Madrid en mai, le sommet de l'Union pour la Méditerranée en juin, le sommet entre l'Union européenne et l'Union africaine en septembre et le sommet entre l'UE et nos partenaires asiatiques en octobre.

Vous le voyez : les points de rencontre sont nombreux. Ces quatre sommets nous permettront de rencontrer pour des consultations, en tant qu'Union européenne, une centaine d'États du monde. L'Allemagne contribuera à ce que nous ne nous contentions pas de parler, mais au contraire à ce que nous discutions ensemble de programmes de travail concrets et surtout à ce que nous nous connaissions mieux.

Naturellement, il y a, mis à part la crise économique et financière internationale, des défis bien particuliers qui nous préoccupent tous. Le changement climatique est l'un d'entre eux. Je crois pouvoir aussi parler au nom de l'ambassadeur du Danemark en disant que nous ne sommes pas satisfaits du résultat de la conférence sur le climat. Mais à quoi bon ? Dans les processus internationaux, il faut toujours poursuivre le travail. On ne peut s'arrêter. Ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre. Vous tous savez bien que nous avons encore bien du pain sur la planche au niveau international.

Il y a toutefois un point qui m'a inquiétée à Copenhague. Que l'on n'ait pas atteint tout de suite tous les objectifs fixés, que tous les objectifs de réduction ne nous aient pas apporté satis­faction, il fallait s'y attendre. Mais que nous engager ensemble, au plan international, sur des objectifs précis et contraignants ait pu provoquer un tel sentiment de rejet et tant de diffi­cultés, cela – si je puis donner ici mon sentiment personnel – m'a attristée, parce que je suis profondément convaincue que le monde ne peut travailler ensemble que si nous sommes prêts à abandonner une partie de notre propre souveraineté lorsque des engagements internationaux contraignants sont en jeu. Je crois que c'est ce que le monde doit apprendre à l'ère de la mondiali­sation. C'est donc dans cette perspective que je vais poursuivre mon action ces prochaines années.

Prendre des engagements au plan national, c'est bien, mais une coopération débouchant sur des obligations internationales est, à mes yeux en tout cas, une condition nécessaire du succès. Je crois également que les Nations Unies forment pour cela le bon cadre. Il est compliqué de travailler avec beaucoup de pays. Il n'est pas facile d'éviter qu'à la fin, quelqu'un finisse tout de même par dire : cela ne me convient pas. C'est un processus laborieux, mais l'Allemagne y reste fidèle. L'ONU demeure le forum central de la communauté internationale. Cela ne fonction­nera toutefois que si tous les États membres sont prêts à réellement passer un compro­mis sur ce point et à s'investir un peu plus.

Vous savez que nous avons déposé notre candidature à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour les années 2011 et 2012. Je remercie les États qui nous soutiennent d'ores et déjà. Peut-être qu'un pays ou l'autre viendra s'ajouter à la liste de nos soutiens.

J'aimerais également le dire une nouvelle fois : la réforme institutionnelle des Nations Unies n'est pas non plus un exemple de coopération mondiale particulièrement rapide. Nous devrons également y travailler de manière intensive.

Mesdames et Messieurs, nous nous engageons pour l'application de la convention des droits de l'homme, pour le respect des droits de l'homme. C'est pour ainsi dire l'une des pierres angulaires des Nations Unies. Les droits de l'homme sont pour nous des droits universels. C'est pourquoi il est important pour nous de toujours garder un œil sur les droits de chacun. Cela peut conduire de temps en temps à des divergences d'opinions entre nous, sur tel ou tel sujet. Nous devrions dans ces cas-là en parler ouvertement. Mais je crois que tous les hommes – comme le dit la Loi fondamentale, notre constitution – sont égaux en dignité. « La dignité de l'être humain est intangible », telle est la phrase constitutive de notre Loi fondamentale.

C'est aussi sur ce fondement que nous nous engageons en faveur de l'application des objectifs de développement. La coopération au développement continuera d'être un point essentiel de notre travail gouvernemental. Les objectifs du Millénaire pour le développement sont un exemple de ce travail. Nous veillerons à ne pas négliger ce secteur malgré la crise éco­nomique internationale et les prévisibles difficultés budgétaires. Car nous devons comprendre que les pays les plus pauvres du monde n'ont rien, vraiment rien à voir avec ce qui a provo­qué la crise internationale des marchés financiers mais qu'ils font partie de ceux qui souffrent le plus de cette crise. C'est aussi pour cette raison qu'il est si important pour nous d'accomplir une réforme des marchés financiers internationaux.

Nous aurons deux nouvelles réunions du G20 au Canada et en Corée du Sud. Nous devons travailler énergiquement à l'élaboration de règles encore plus claires dans ce domaine. Le Président américain a fait ces jours-ci des propositions très intéressantes, de grande envergure et, je le crois, qui vont dans la bonne direction. Je parlais en introduction du fait que nous devions repenser les choses. Cela ne peut plus continuer comme avant. Lorsqu'il y a des excès dans le secteur économique, la politique doit faire quelque chose pour éviter que de tels excès ne se reproduisent.

Je continuerai à m'engager personnellement pour que nous ne parlions pas seulement de règles isolées, dans le cadre du G20, mais pour que nous posions également certaines bases de coopération sous la forme d'une Charte pour une gestion économique durable, qui formule les objectifs et les principes de notre coopération. Nous avons besoin du marché mais nous avons aussi bien besoin du primat de la politique, qui mesure et détermine les limites de l'action des marchés.

Mesdames et messieurs, notre coopération pour la liberté, la paix et la sécurité s'effectue pour la République fédérale d'Allemagne au sein de l'OTAN et dans la Politique européenne de sécurité et de défense. Nous avons tenu une réunion de l'OTAN à Baden-Baden et à Strasbourg. Pour la première fois, deux pays étaient les hôtes d'une telle réunion. Celle-ci s'est déroulée sur un pont enjambant le Rhin, un pont témoin de bien des souffrances et de malheur sur un fleuve qui a vu de nombreuses batailles opposant nos pays. L'organisation commune d'un sommet en ces lieux a été un moment de vive émotion.

Les questions de désarmement, de maîtrise des armements et de non-prolifération ont de nouveau pris de l'importance, notamment grâce aux initiatives du Président américain. C'est pourquoi nous avons bien entendu quelques raisons d'espérer dans ce domaine. Nous espérons que les négociations bilatérales entre les États-Unis et la Russie sur la diminution de leurs stocks d'armes nucléaires stratégiques aboutiront bientôt et déboucheront sur des efforts supplémentaires en matière de désarmement. Nous espérons aussi que la Conférence des parties chargée de l'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui constitue un pilier central de l'architecture internationale de sécurité et de désarmement, sera un succès.

Je le dis aussi explicitement : nous continuons à travailler à une solution diplomatique avec l'Iran concernant le conflit nucléaire. C'est pourquoi je répète ici encore une fois ce que j'ai dit à de nombreuses reprises : il appartient à l'Iran – et nous l'y exhortons – de respecter ses obligations envers la communauté internationale. Le temps presse. Sinon, nous adopterons d'autres sanctions. Ce serait vraiment tragique pour les Iraniens s'il fallait en arriver là. C'est pourquoi nous avons toujours tendu la main à l'Iran pour qu'il participe plus activement à la mise en œuvre des principes de coopération internationale.

Naturellement, nous observons en de nombreux lieux – l'Iran en a malheureusement, dans ce domaine également, été un exemple l'an dernier – de quelle manière la liberté d'opinion et la liberté de la presse sont respectées ou bafouées. Nous continuerons à exprimer notre pré­occupation lorsque des forces de sécurité interviennent violemment contre des manifestants pacifiques ou lorsque la libre expression est réprimée.

Aujourd'hui comme hier, le terrorisme islamiste, qui n'a malheureusement pas faibli, nous inquiète et nous menace. C'est ce que nous a montré la dernière tentative d'attentat contre un avion américain pendant la période de Noël. La faillite d'États et le manque d'ordre étatique contribuent systématiquement à faire de certains pays des zones de repli pour les terroristes.

Vous pouvez compter sur l'Allemagne comme partenaire dans la lutte contre le terrorisme. L'Afghanistan sera à ce titre l'un de nos défis centraux et, je le dis en toute franchise, ardus. L'heure est venue, en 2010, de créer les conditions politiques nécessaires au transfert pro­gressif à l'Afghanistan de la responsabilité en matière de sécurité et de développement. Notre ministre fédéral des Affaires étrangères exposera la position allemande jeudi lors de la conférence de Londres, proposition que nous souhaitons élaborer puis présenter au parlement allemand.

Mesdames et Messieurs, si le monde se resserre indéniablement, on ne peut pas dire pour autant qu'il soit plus facile à comprendre. Au contraire, les imbrications et les interactions sont très nombreuses et diverses. C'est la raison pour laquelle nous suivons avec grande attention l'évolution des différentes régions.

Je dois malheureusement dire une fois de plus cette année que les nouvelles qui nous parviennent du Proche-Orient ne sont pas de nature à nous rassurer. Je l'ai dit au Premier ministre israélien, M. Netanyahou, et je le dirai début février au Président du gouvernement palestinien, M. Abbas : nous nous engagerons avec la plus grande détermination pour une solution à deux États, pour un État juif d'Israël et pour un État palestinien. Ce que l'Allemagne peut faire, nous le ferons. Nous avons accueilli en Allemagne, ces jours-ci, les deuxièmes consultations intergouvernementales avec Israël. Cela a été une bonne occasion de parler, entre autres, de ces sujets. Comme je l'ai dit, les entretiens avec le Président Abbas suivront début février.

Avec sa stratégie africaine, notre gouvernement fédéral veut exposer cette année, mieux encore que par le passé, les multiples chances qu'offre notre coopération avec le continent africain et les intégrer dans les stratégies mises en place par l'Union européenne pour sa coopéra­tion avec l'Afrique.

Cela vaut aussi pour l'Amérique latine. Voici certainement un continent auquel nous devrions plutôt prêter une plus grande attention. Le ministre fédéral des Affaires étrangères s'y rendra. Je m'y rendrai moi-même l'an prochain pour montrer une fois encore à quel point nous avons des intérêts en commun avec l'Amérique latine. La présence d'Alexander von Humboldt se fait toujours autant sentir sur ce continent. Mais demandez aux élèves allemands ce qu'ils savent sur Alexander von Humboldt. Un voyage au Pérou ou dans un autre pays d'Amérique latine serait certainement bénéfique, on en reviendrait sans doute un peu honteux et un peu plus curieux de cette autre partie du monde.

L'Asie est le grand continent dynamique. Nous voulons bien entendu intensifier encore notre coopération avec le Japon, la Chine, l'Inde et nos autres partenaires. Je sais bien que si je ne nomme pas l'un ou l'autre, je vais m'attirer des regards réprobateurs ; je pourrais aussi nommer le Viet Nam et bien d'autres pays. L'Asie sera pour nous le champ d'une coopération toujours plus étroite, dans notre intérêt mutuel.

Mais je le dis aussi : à la force économique croissante de l'Asie correspondra une plus grande responsabilité. À voir la Chine, par exemple, nous concurrencer comme champion du monde des exportations et l'Asie enregistrer d'énormes taux de croissance, il devient évident que les responsabilités en matière de changement climatique, d'utilisation durable des ressources, de questions économiques et financières ne sont plus seulement entre les mains des pays industria­lisés, qui ne peuvent y apporter seuls de solution, mais au contraire que chacun doit assumer une part de responsabilité, une part plus ou moins importante en fonction de son niveau de prospérité mais une part en tout cas de cette responsabilité commune.

Je sais que nous serons tous d'accord pour dire que nous souhaitons bien travailler ensemble. Je vous le demande : faites tout ce qui est en votre pouvoir pour que nous progressions sur cette planète. Pour le bien des personnes, pour ce grand nombre d'individus qui souffrent de famine dans le monde, qui n'ont pas accès à l'éducation, qui n'ont aucune possibilité de rece­voir un minimum de soins médicaux. Si nous pensons sérieusement que les droits de l'homme sont des droits universels, nous avons la responsabilité de partager avec d'autres le genre de vie qui nous est acquis au quotidien dans les pays riches. C'est pourquoi vous êtes dans votre bon droit de nous adresser, de temps à autre, un rappel à l'ordre afin que nous ne nous occupions pas seulement de nos propres affaires, mais que nous voyions aussi plus loin que le bout de notre nez. C'est ainsi que nous souhaitons agir. Le nouveau gouvernement fédéral veut tenir cet engagement.

Nous vous adressons à tous nos meilleurs vœux de santé et de prospérité, à vous personnelle­ment ainsi qu'à vos peuples.

Je vous remercie.

vendredi, 05. février 2010

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