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Aide à Chypre

Entente sur une répartition équitable du fardeau

Les États membres de la zone euro fourniront une aide d'environ 10 milliards d'euros à Chypre. « Nous ne voulons pas que les contribuables aient à sauver les banques, mais que les banques se sauvent elles-mêmes », a affirmé la chancelière fédérale Angela Merkel.

En contrepartie, l'État insulaire a annoncé des réformes ; les investisseurs et les banques devront également faire une contribution.« Je me réjouis que nous soyons parvenus à trouver une solution pour Chypre au cours de la nuit dernière, c'est-à-dire que l'insolvabilité du pays ait pu être évitée », a déclaré Mme Merkel, ajoutant que le fardeau avait été réparti de manière équitable. Les banques doivent assumer leurs responsabilités. « C'est ce que nous avons toujours dit. »

Conditions et solidarité

Chypre peut compter sur la solidarité des pays européens. Au cours des prochaines années, ceux-ci soutiendront Chypre sur son difficile chemin au moyen de garanties. « Mais bien sûr, Chypre doit aussi faire sa part, par le biais de privatisations, de réformes structurelles, et de l'augmentation des taux d'imposition, qui étaient jusqu'ici très, très bas à Chypre », a poursuivi Mme Merkel.

 C'est là l'essence de la politique européenne de cohésion : d'une part, des conditions, afin que les dérives ne se reproduisent pas ; d'autre part, la solidarité.

La solution juste

« Nous sommes parvenus à ce que nous avons toujours cru souhaitable », a aussi souligné le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble, à Berlin. « Nous n'avons pas seulement discuté d'un programme, mais nous sommes parvenus à des résultats qui serviront de fondement aux négociations qui seront maintenant menées par la Troïka. »

 Ces résultats sont en mesure de stabiliser la situation à Chypre. Ils sont justes vis-à-vis de toutes les parties et pourraient également contribuer à rebâtir une confiance affaiblie.

Une solution améliorée

Chypre doit atteindre d'ici à 2020 un niveau d'endettement viable correspondant à 100 % de son produit intérieur brut. Cela exigeait de limiter le volume du programme d'aide à 10 milliards d'euros. Afin que cette somme soit suffisante, les investisseurs et les créanciers des banques doivent faire leur part.

 L'entente actuelle est largement supérieure et plus claire que le compromis de la semaine dernière, a affirmé M. Schäuble, même si « le chemin sera douloureux pour Chypre. »

 Les avoirs des petits épargnants sont protégés. « Ces dépôts de moins de 100 000 euros ne sont en aucun cas menacés ; ils sont sûrs », a indiqué Mme Merkel.

Participation des grandes banques 

« L'une des deux grandes banques sera fermée et mise en liquidation », a affirmé M. Schäuble. Les dépôts inférieurs à 100 000 euros auprès de la banque Laïki seront préservés, le reste sera déplacé vers une structure de défaisance. Le résultat de cette opération ne peut pas être prévu pour l'instant, a souligné le ministre des Finances.

 Tous les dépôts supérieurs à 100 000 euros auprès de la Bank of Cyprus seront gelés et transformés en capital risque, a ajouté M. Schäuble. La banque devrait ainsi pouvoir parvenir à un ratio de fonds propres de 9 %. Le volume de la participation du capital provenant de ces dépôts sera établi par la Troïka. Il pourrait représenter « 50 % ou plus ». 

 Le secteur bancaire chypriote sera ramené à une taille davantage proportionnelle à son produit intérieur brut, a expliqué M. Schäuble. Les fonds provenant du programme d'aide ne serviront pas à recapitaliser la banque Laïka et la Bank of Cyprus. 

 « Tout sera mis en œuvre, en coopération avec Chypre, afin que les banques chypriotes puissent rouvrir le plus rapidement possible ». Cela sera réglé dans le courant de la journée.

Vaste ensemble de mesures

Comme il avait été convenu la semaine dernière, des experts indépendants étudieront les activités de lutte contre le blanchiment d'argent à Chypre. 

 Le gouvernement relèvera le faible taux d'imposition des sociétés ainsi que le taux d'imposition des revenus de l'épargne. Chypre mettra en œuvre un programme d'ajustement ambitieux, axé notamment sur le rééquilibrage budgétaire, des réformes structurelles urgentes et des privatisations.

Participation du Bundestag

« J'ai informé les présidents des groupes parlementaires et discuté avec eux de la participation du parlement », a indiqué M. Schäuble. Les comités des groupes parlementaires décideront si le programme d'aide fera ou non l'objet d'un débat politique au sein du Bundestag cette semaine. Le ministre fédéral des Finances s'attend à ce que le vote sur le plan ait lieu dans la troisième semaine d'avril. D'ici là, les détails seront connus.

 L'Eurogroupe a demandé à la Troïka formée par la Banque centrale européenne, le Fonds monétaire international et la Commission européenne d'élaborer, avec Chypre, les détails du programme (protocole d'accord) d'ici début avril. Il devra ensuite être approuvé par le Bundestag.

Le modèle commercial chypriote en tant que cause

« Le problème de Chypre est que les banques de ce petit pays accueillent des investissements totalisant environ 70 milliards d'euros. Et ces investissements sont, bien entendu, en grande partie ceux de personnes qui ont choisi de placer leur argent à Chypre en raison de réglementations fiscales et peut-être d'autres conditions cadres avantageuses », comme l'avait souligné le ministre fédéral des Finances la semaine dernière. La moitié de ces investissements appartient à des ressortissants non chypriotes. Le modèle commercial chypriote a mené ce pays sur la voie de l'insolvabilité, selon M. Schäuble.

 Le ministre a rappelé que quiconque investit son argent dans des pays où les impôts sont moins élevés et les contrôles peut-être moins rigoureux doit assumer le risque que les banques de ce pays puissent devenir insolvables.  

 L'Eurogroupe est un rassemblement informel au sein de l'Union européenne. Il examine et coordonne les questions relatives à l'euro et à l'Union monétaire européenne. Il est composé des ministres des Finances des États membres de la zone euro. Le représentant de l'Allemagne au sein de l'Eurogroupe est le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble.

lundi, 25. mars 2013

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