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Stabilisation de l’euro

Feu vert pour l’aide à Chypre

Le Bundestag a adopté le plan d’aide à Chypre. « Nous sommes dans la bonne voie », a déclaré le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, dans sa déclaration de politique générale. L’engagement porte sur 10 milliards d’euros. En contrepartie, l’État insulaire a promis de mettre en œuvre des réformes.

Intervention du ministre fédéral des Finances au Bundestag à Berlin le 18 avril 2013 Wolfgang Schäuble : « nous faisons en sorte de promouvoir l’autoassistance » Photo: picture alliance / dpa

Le parlement allemand a approuvé à une large majorité l’octroi à Chypre d’aides provenant du Mécanisme européen de stabilité (MES). Cette approbation était nécessaire pour que l’Allemagne puisse participer au soutien financier apporté à Chypre.

La Troïka composée de la Banque centrale européenne (BCE), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne avait élaboré les modalités du programme de sauvetage de Chypre, y compris celles de l’accord sur Chypre (Memorandum of Understandig, MoU). Les ministres des Finances des 17 pays membres de la zone euro ont adopté cet engagement à hauteur de 10 milliards d’euros. Le pare-feu européen MES devrait débloquer neuf milliards d’euros de crédits si le FMI fournit lui-même, comme il l’a annoncé, un milliard d’euros.

Éviter les effets de contagion

« Si nous ne venons pas en aide à Chypre, c’est l’État chypriote tout entier qui est irrémédiablement voué à la faillite », a déclaré M. Schäuble. La Troïka a constaté le caractère systémique de la crise chypriote. « De Chypre, il peut y avoir contagion dans toute la zone euro » ; il faut donc éviter que les problèmes de Chypre ne s’étendent aux autres pays.

Contraintes et solidarité

« Aider, c’est toujours apporter aux autres la possibilité de s’aider eux-mêmes », a poursuivi M. Schäuble. Cela vaut également pour Chypre. La solidité et la solidarité vont de pair. De plus, la situation à Chypre est spécifique. On ne parviendra à résoudre les problèmes dans ce pays qu’en rétrécissant nettement le secteur bancaire. « C’est ce que permet de faire le plan d’aide qui vient d’être présenté », a souligné le ministre allemand.

Un engagement limité à 10 milliards d’euros

Selon la Troïka, Chypre doit parvenir d’ici 2020 à un niveau d’endettement supportable de 105 % du PIB. Il était nécessaire pour cela de limiter l’enveloppe d’aide à 10 milliards d’euros. Afin d’atteindre cette somme, les propriétaires, les créanciers et les investisseurs du secteur bancaire doivent être mis à contribution. C’est le seul moyen d’assurer la solidité du plan.

« En cas de déséquilibres des banques, il faut établir une hiérarchie des responsabilités », a déclaré le grand argentier allemand. Il faut dans un premier temps faire appel aux propriétaires, puis aux fournisseurs de capitaux étrangers et enfin, aux épargnants, tout en garantissant la sécurité des dépôts. C’est ensuite seulement que viennent les États et, pour finir, la communauté internationale. Cet ordre doit également être respecté pour une union bancaire européenne.

« Risque et responsabilité vont de pair », a insisté M. Schäuble. Ceux qui ont investi de l’argent à Chypre ont touché des taux d’intérêt plus élevés pour faire face à de plus grands risques. « Les dépôts inférieurs à 100 000 euros demeurent garantis, ce qui correspond à la législation européenne. »

Participation des grandes banques

Concernant la Popular Bank of Cyprus, dite Laiki, les dépôts sont assurés jusqu’à hauteur de 100 000 euros, le reste passe à une structure de défaisance (« bad bank »). Dans le cas de la Bank of Cyprus (BoC), les dépôts supérieurs à 100 000 euros sont pris en considération pour qu’elle puisse atteindre un ratio de fonds propres de 9 %.

Le secteur bancaire chypriote s’est avéré mal conçu et complètement surdimensionné, a constaté par ailleurs M. Schäuble. Les fonds du programme d’aide ne serviront pas à recapitaliser Laiki et la Bank of Cyprus.

Un ensemble de mesures

En contrepartie des aides fournies par ses partenaires européens, le gouvernement chypriote relèvera le taux de l’impôt sur les sociétés et la taxation des intérêts. Par ailleurs, Chypre mettra en œuvre un programme d’ajustement ambitieux également en ce qui concerne la consolidation budgétaire, les réformes structurelles nécessaires et les privatisations. Un programme de lutte contre le blanchiment d’argent a été mis en place.

La décision du Bundestag va permettre au MES de débloquer le versement de la première tranche d’aide au mois de mai, à la condition que les mesures d’urgence spécifiées dans l’accord sur Chypre (MoU) soient appliquées.

« Nous ne voulons pas que les contribuables sont obligés de sauver des banques », avait déclaré la chancelière le 25 mars dernier. Dans le plan d’aide à Chypre, on est parvenu à répartir équitablement les charges. Les banques doivent prendre elles-mêmes leurs responsabilités, a-t-elle expliqué avant d’ajouter : « C’est bien ce que nous avons toujours dit. »

Quatre aspects de la stabilisation

Au sujet de la stabilisation de l’euro, le ministre fédéral des Finances a mentionné au Bundestag quatre aspects majeurs :

  • des réformes nécessaires dans les pays concernés tout en soumettant l’octroi des aides à des conditions strictes
  • le développement de l’union monétaire en une union de stabilité
  • le Mécanisme européen de stabilité
  • la stabilisation du secteur bancaire dans les pays de la zone euro grâce à une meilleure dotation en fonds propres et une supervision bancaire européenne.

« Les pays en crise commencent à engranger des succès », a déclaré M. Schäuble. On regagne pas à pas la confiance perdue. « L’année dernière précisément, nous avons bien progressé dans la lutte contre la crise de la dette souveraine dans la zone euro. »

jeudi, 18. avril 2013

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